Les moyens de contrôle en question

slk teinté

Le décret n°2016-448 du 13 avril 2016 dispose qu’à compter du 1er janvier 2017, les vitres avant de tous les véhicules en circulation devrontlaisser passer au moins 70 % de la lumière. A défaut, les forces de l’ordre qui se soucient de toujours bien distinguer les gestes du conducteur pourront immobiliser le véhicule dans l’attente de sa mise en conformité. Et c’est son conducteur — qu’il soit ou non titulaire de la carte grise — qui se verra infliger une amende d’un montant de 135 euros et un retrait de trois points de permis de conduire.

On aurait pu croire que la publication de ce décret mettrait fin à l’opacité (sans mauvais jeu de mots) qui régnait depuis l’automne dernier autour de la question des vitres fumées. Las ! Nombre d’interrogations subsistent, d’ordre tant pratique que juridique. Les professionnels du secteur aimeraient les voir résolues avant la publication d’un arrêté d’application qui tarde à venir. Car, à en croire Olivier Mulot, Délégué général et porte-parole de l’Association des Professionnels du Film pour Vitrage (pour le bâtiment comme pour l’automobile), ce sont près de 1.800 emplois qui pèsent sur la balance. « Depuis l’annonce du décret et plus encore depuis sa parution en avril, nous avons constaté une mise en sommeil des commandes, avec une baisse de 20 % à 50 % selon les entreprises. C’est l’avenir de 1.200 entreprises qui est en jeu, dont 800 qui se spécialisent dans le seul vitrage automobile. »

Impossible de savoir à l’œil nu si la teinte légère est conforme

A ce jour, on ignore encore de quels moyens techniques les agents des forces de l’ordre seront dotés pour mesurer le facteur de transmission de la lumière. Par ailleurs, il reste à définir les raisons médicales qui pourront justifier une dérogation et le maintien de vitres très sombres. Quant aux chauffeurs de véhicules de transport de personnalités protégées, ils ne devraient pas être inquiétés.

Difficile, sinon impossible de discerner à l’œil nu si le vitrage avant d’une automobile laisse passer le seuil minimal légal de 70 % de la lumière. Telle est en substance la conclusion de la matinée organisée pour la presse par l’Association des Professionnels du Film pour Vitrage, les distributeurs de films solaires, le club de réflexion et d’action Automobilité & Avenir, et Me Rémy Josseaume, avocat à la Cour spécialisé en Droit pénal routier.

Sur la quinzaine de journalistes présents ce 13 mai dans les locaux du Centre de Pose Carchocs à Paris, aucun ne sut dire à coup sûr laquelle des deux vitres avant de la Volkswagen-cobaye était la plus sombre. Encore moins dire si l’une ou l’autre était en infraction à la réglementation qui entrera en vigueur le 1er janvier 2017.

Moyens de contrôle : le grand flou

Benoît Lombard, représentant du distributeur de films solaires pour le bâtiment et l’automobile LeaderFilm se saisit d’un petit boîtier qui mesure le taux de lumière qui traverse la vitre. Verdict : un taux de 73 % sur la vitre côté passager dépourvue de tout film et de 40 % pour la vitre côté conducteur protégée par un film présentant un indice de 50 % de transmission de lumière visible. A titre de comparaison, lorsque le film laisse passer 88 % de TLV, l’appareil indique un facteur de 59 % : un peu mieux, donc, mais toujours bien loin des 70 % minimum requis.

Lire la suite AUTOMOBILE CHALLENGES

Partagez cette page :Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn